Chronique de F3PJ - Intercanaux pour pas à 12,5 KHz avec 16F3 bâtarde!!!
Par Marc le dimanche 1 mars 1998, 08:00 - Radioamateurisme - Lien permanent
Progrès ou suites d'abréviations techniques?
Un tel titre d'un membre de la commission nationale des relais radioamateurs du REF peut se faire poser beaucoup de questions. Avant de prétendre d'être pour ou contre le pas de 12,5 KHz, essayons de savoir de quoi il en retourne techniquement en analysant succinctement et sommairement les bases techniques d'occupation du spectre, comme tout radioamateur digne de ce nom devrait savoir le faire. (ce qui suit a déjà été exposé depuis longtemps au REF).
Dans ce qui suit, nous allons rappeler certaines
hypothèses bien connues qu'il faut savoir!
Pour transmettre la phonie, le spectre nécessaire est de 300 Hz à 3000
Hz en fréquences électriques.
Ce spectre normalisé contient l'essentiel des sons à transmettre pour obtenir
la qualité dite commerciale; pour la restitution de la parole à distance.
(études C.C.I.R. de Genève).
Pour que la largeur de la bande nécessaire à la transmission, en modulation de fréquence de cette analyse, en F3, c'est le règlement des radioamateurs, le RR, en son article 4 et appendice 6, auxquels le lecteur est renvoyé.
En F3, la bande passante [BN] nécessaire à la
transmission est donnée par la formule suivante du RRI:
BN = 2 M + 2 delta F avec :
M est la plus haute fréquence modulante à transmettre (dans
notre cas 3000 hertz)
delta F est l'exécution autour de la fréquence centrale, soit
+ ou - 5 KHz.
Nous obtenons donc avec ces valeurs BN = 6
+ 10 = 16 KHz d'où l'appellation normalisée désignant cette
transmission radio électrique de 16F3.
Pour le pas à 12,5 KHz, bien entendu, c'est l'excursion qui seule peut être
divisée par 2: soit BN = 6 + 5 = 11 KHz (appellation
11F3).
Pour passer du pas de 25 KHz au pas de 12,5 KHz avec le parc actuel en service dans nos QRA (ne pas confondre avec la possibilité d'affichage!) non seulement il faut réduire l'excursion (que l'on peut faire aussi en parlent moins fort et plus loin du micro) mais il faut changer le filtre HF, comme la pente du discriminateur, si l'on veut conserver à la transmission des performances, dégradées au minimum (garder l'efficacité à 3 dB ).
Dans ce qu'il va suivre, ce qui va être dit en
spectre pour l'émission, c'est obligatoire pour la réception.
C'est donc sur ces deux derniers points qu'est la cause des brouillages
constatés par l'ensemble des utilisateurs: des mauvaises conditions de
fonctionnement de ceux qui ont réduit seulement les excursions; qui s'en
suivent à leur matériel; que nous allons essayer de faire comprendre avec
l'aide de gabarits d'occupation des spectres, figures I à IV et figure V à VI
pour les "discrets".
Il est rappelé aussi que c'est le filtre sur les
fréquences intermédiaires du "transceiver" qui en déterminera à 3
dB près la BN d'émission, comme de la réception, et qu'il doit rejeter
à 60 dB hors canal. La largeur à 3 dB s'appelle aussi le
"plat" du filtre, qu'on caractérise avec son plat et avec la largeur en
fréquence à - 60 dB du plat (réjection hors bande).
Pour mémoire: 6 dB divisent la tension ou la fcem par deux. Pour la puissance
recueillie, c'est par 4 puisque c'est quadratique (revoir vos manuels
d'examens).
Passer de 60dB à zéro (ou de zéro à -60 dB, pour
les puristes), nécessitera donc une réjection de 60 dB sur 4,5
KHz (25-16: 2 = 4,5 Khz) par flan, ce qui est déjà
beaucoup.
En 11F3, la même réjection de 60 dB devra être obtenue à 0,75
KHz (12,5 - 11 / 2 = 0,75) ce qui est énorme!.
Comme les filtres à quartz ont les propriétés que concèdent les matériaux (le quartz), il s'en suit que dans un cas on déborde plus de part et d'autre dans les canaux adjacents. D'ou le canal intervalle ou adjacent à ne pas utiliser, puisque non utilisable. (par exemple: TDF en télévision que vous recevez chez vous chaque jour, pour TF1-A2-FR3: c'est deux) en zone de couverture d'émetteurs, ou du relais local etc...
C'est ces débordements qui sont déjà des causes de brouillages en FM, mais pas les seules!.
Maintenant considérez la figure II que vous
superposez à la figure I. Vous avez créé les intercanaux de la recommandation
IARU pour les relais avec F1 + F1X + F2 + F2X etc... Vous avez donc accentué
les chevauchements ou débordements. Les "PRO" nous dirons comme moi: que ça
"bave" encore plus!.
Si votre excursion n'est pas réduite, vous couvrez deux canaux (voir figure
III) .
Vous les rendrez inutilisables malgré l'achat d'un appareil agréé PTT ou
CEE.
Mais à la réception vous serez aussi brouillé, puisque vous pouvez en recevoir deux en même temps qui seront généralement incompréhensibles l'un comme l'autre, si votre réception n'est pas soufflée (perception d'un bruit blanc sur fort signal etc...) Les figures V et VI vous montrent pourquoi il vous faudra "pousser le niveau BF" pour entendre de la même façon l'OM qui aura réduit son excursion ou le relais.
Pour les stations faibles ou lointaines comme en DX, le rapport signal sur bruit, qui permet de déchiffrer ou pas le message est donc dégradé d'un facteur 2 ou de 6 dB, sans modification du "discri", ce qui est énorme et réduit d'autant les performances trafics de votre appareil.
C'est un peu comme quand on écoutait la FM en AM sur le flanc de bande des années 1960/1970.
Pourquoi? c'est absurde et rétrograde?
Bien sûr qu'il fallait augmenter le nombre de canaux relais, mais pas sur le papier ou sur les plans de bande, mais dans les faits!. Faites les comptes (7x contre 5 bis) et vous constaterez comme moi qu'il y a réduction avec créations de brouillages néfastes aux liaisons lointaines, pouvant les rendre impossible!!.
Il y a aussi le fait que 80% des appareils
que vous venez d'acheter, agréés PTT sont en 16F3! Que comme moi vous
ne voulez pas les mettre à la "poubelle", puisqu'il faut les reconstruire pour
la 11F3, étant pratiquement non modifiable avec la C.M.S. (composant soudés en
surface ou montés en surface) ou très difficilement faisable par un PRO.
Nous voulons encore les utiliser!!!
Comme je l'avais redit pour la énième fois à l'AG
de Cherbourg (1996), vous n'aviez pas protesté, mais applaudit (point censuré
du compte rendu), c'est une recommandation anti-dx-FM (porte
moins loin avec ce qui est exposé ci-dessus), et commerciale pour faire
racheter d'autres appareils.
Donc NON AMATEUR.
Dites-moi: que la direction actuelle du REF impose
à cette commission comme à ses membres, une telle recommandation IARU (faire
cohabiter 16F3 et 11F3 ce qui est ridicule) avec les rétrocessions de
fonctionnement, pourrait à la limite extrême s'expliquer; mais que d'autres,
qui nous critiquent très injustement, en soit à faire de même pour leurs relais
est incompréhensible.
Rien ne les y oblige, et des possibilités des anciennes fréquences des canaux
bis peuvent toujours être utilisables par eux.
Impensable une telle bêtise généralisée!!
Merci de m'avoir lu.
73 F3PJ
CCIR: Comité Consultatif International des Radiocommunications
Figures:





